Page précédente | Page suivante
6.1.1 Il est d’une importance primordiale d’examiner et de tendre soigneusement toutes les saisines au début du voyage car la cargaison se tasse et devient compacte lorsque le navire vibre et travaille. Il conviendrait de les examiner de nouveau à intervalles réguliers au cours du voyage et de les tendre lorsque cela est nécessaire.
6.1.2 Tous les examens et tous les ridages de saisines devraient être inscrits au journal de bord du navire.
6.2.1 Le capitaine devrait planifier le voyage de façon à éviter les éventuelles mauvaises conditions météorologiques et de la mer. A cette fin, il devrait consulter les bulletins météorologiques, les fac-similés météorologiques ou les services de routage météorologique.
6.2.2 Dans les cas où il n’est pas possible d’éviter les mauvaises conditions météorologiques et de la mer, le capitaine devrait avoir conscience de la nécessité de réduire la vitesse et/ou modifier le cap rapidement afin de réduire au minimum les tensions exercées sur la pontée, la structure et les saisines. Les saisines ne sont pas destinées à offrir un moyen de se prémunir contre une manoeuvre imprudente du navire par grosse mer. Les bons usages maritimes sont irremplaçables.
Si le navire gîte pour une raison autre que l’utilisation normale de produits consommables (eau et combustible), cette gîte est probablement attribuable à l’une des trois causes qui suivent ou peut-être à une combinaison de celles-ci.
6.3.1 On s’aperçoit immédiatement d’un ripage marqué de la pontée. Toutefois, celle-ci peut s’être déplacée imperceptiblement ou c’est peut-être un ripage des cargaisons arrimées sous pont qui s’est produit. On devrait effectuer immédiatement un examen pour déterminer s’il y a eu ripage ou non de la cargaison et, dans l’affirmative, le capitaine dispose de plusieurs solutions pour remédier à la situation, suivant les circonstances exactes.
6.3.2 Il conviendrait de bien réfléchir avant de lester ou de transférer du ballast ou du combustible pour réduire ou corriger une gîte causée par un ripage de la cargaison car il est très probable qu’une telle mesure provoquerait une gîte beaucoup plus importante si la cargaison se déplaçait par la suite vers l’autre côté.
6.3.3 Étant donné que le ripage d’une pontée se produit, dans la plupart des cas, dans de mauvaises conditions météorologiques, il peut donc être beaucoup plus dangereux d’envoyer des hommes détacher ou tendre les saisines sur une pontée qui bouge ou qui a ripé que de tolérer une charge en porte-à-faux. Il conviendrait de bien réfléchir avant de larguer une cargaison de bois en pontée qui bouge ou qui a ripé; en effet, il n’est guère probable que cela améliore la situation étant donné que le tas de cargaison ne tombera vraisemblablement pas d’un seul coup. En outre, l’hélice risque d’être gravement endommagée si elle tourne encore lorsque le bois est jeté à la mer.
6.3.5 Il conviendrait de vérifier sur le champ la possibilité d’un envahissement en sondant toute le structure du navire. Si on constate la présence d’une quantité inexplicable d’eau, toutes les pompes d’évacuation disponibles devraient être mises en action pour ramener la situation à la normale. Les mesures à prendre par la suite dépendront évidemment de la possibilité de contrôler ou non l’envahissement à l’aide de pompes.
6.3.6 Si le roulis est exceptionnellement lent avant qu’on ne s’aperçoive que le navire donne de la bande, et qu’il se redresse mollement, ceci signifie que la distance métacentrique est très faible ou inexistante. La gîte est donc causée par l’inclinaison sur un seul côté du navire, qui ne possède pas de bras de levier de redressement lui permettant de se redresser. Il est possible de corriger cette situation en ajoutant du poids dans la partie inférieure du navire (en ballastant les citernes de double fond) ou en retirant dans sa partie supérieure (pontée). Des deux solutions, le ballastage est celle qui est habituellement préférable et si on dispose d’espace dans le double fond compartimenté, il conviendrait de ballaster la citerne du côté inférieur en premier, afin d’accroître immédiatement la distance métacentrique, et procéder ensuite au ballastage de la citerne située sur le côté supérieur. Il convient toutefois de prendre des précautions particulières lors du ballastage et du déballastage destiné à remédier à la situation mais qui risquerait d’entraîner une inclinaison beaucoup plus forte de l’autre côté.
Si la totalité ou une partie d’une cargaison de bois en pontée est perdue accidentellement ou jetée à la mer, l’attention du capitaine est appelée sur les dispositions du chapitre V de la Convention internationale pour la sauvegarde de la vie humaine en mer, qui prescrivent notamment que le capitaine doit, par tous les moyens dont il dispose, informer d’un danger immédiat pour la navigation les navires qui se trouvent dans le voisinage, ainsi que les autorités compétentes par l’intermédiaire du premier point de la côte avec lequel il peut communiquer. Les renseignements doivent porter notamment sur la nature du danger (cargaison de bois en pontée dans le présent cas), l’emplacement du danger lors de la dernière observation, ainsi que la date et l’heure (Temps universel coordonné) de la dernière observation.
Figure 1
Figure 2
Figure 3
Figure 4
Figure 5
Figure 6
Figure 7
Figure 8
Figure 9
Figure 10
Figure 11
Figure 12
Figure 13
Page précédente | Page suivante