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Impact : Un regard lucide sur l'alcool au volant

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TP 1535 F
1999, révisé 2009

La conduite avec facultés affaiblies : un problème qui persiste

Une personne mettant sur le maquillage dans le miroir rétroviseurAu Canada, la conduite avec facultés affaiblies demeure une question importante en ce qui a trait à la sécurité routière, à la santé et à l'économie. Au cours des années 1970 et 1980, d'importants progrès ont été accomplis afin de réduire le nombre de conducteurs avec facultés affaiblies. Toutefois, depuis le milieu des années 1990, très peu de progrès ont été réalisés afin de diminuer le carnage sur nos routes.

Dans les années 1990 et au début des années 2000, tous les ordres de gouvernement se sont penchés sur le problème de la conduite avec facultés affaiblies dans le cadre de la Stratégie de réduction de la conduite avec facultés affaiblies du Conseil canadien des administrateurs en transport motorisé (CCATM). Les gou vernements continuent de renforcer les politiques et les programmes visant à traiter la conduite avec facultés affaiblies grâce aux évaluations et aux traitements médicaux, aux antidémarreurs, aux suspensions administratives de permis de conduire et à la saisie de véhicules. On a modifié le Code criminel du Canada afin d'augmenter le nombre de pénalités, et on a simplifié la loi et autorisé le recours à des experts en reconnaissance de drogues et de médicaments pour s'attaquer au problème de la conduite avec facultés affaiblies par ces substances.

Toutefois, il y a encore du travail à faire, notamment pour lutter contre d'autres facteurs d'affaiblissement des facultés comme la fatigue et la distraction. Les options législatives comprennent le recours à des alcootests aléatoires et la soumission obligatoire à un test après une grave collision. On veut aussi trouver la façon la plus efficace de traiter avec les conducteurs qui présentent un faible taux d'alcoolémie. Il y aurait lieu d'augmenter l'utilisation d'antidémarreurs pour améliorer les programmes d'antidémarrage, et de mettre au point de nouveaux dispositifs passifs.

Les efforts que font les policiers pour appliquer la loi sont essentiels pour rappeler aux conducteurs de tous âges les risques importants qu'ils prennent quand ils conduisent avec facultés affaiblies, tant par rapport aux blessures que sur les plans criminel et financier. Aussi, il est important d'appuyer les policiers.

Enfin, la décision de prendre ou non le volant après avoir bu est personnelle. Les conducteurs doivent réfléchir à leur comportement et à la meilleure façon de se protéger et de protéger leur famille et leurs amis, ainsi que les autres usagers de la route, qui comptent sur eux pour prendre des décisions responsables.

Toutefois, il y a encore du travail à faire, notamment pour lutter contre d'autres facteurs d'affaiblissement des facultés comme la fatigue et la distraction.

Environ le tiers des conducteurs canadiens tués dans des collisions avaient consommé de l'alcool.



Bonnes nouvelles, mauvaises nouvelles

Amis ayant une boissonAvons-nous encore besoin de discuter du problème de l'alcool au volant ? Après tout, les attitudes ont beaucoup changé ces 30 dernières années. Dans les années 1970, les Canadiens prenaient souvent le volant après avoir pris quelques consommations, ce qui amusait leurs amis.

Pour bon nombre d'entre nous, cette attitude est aussi dépassée qu'un magnétophone à ruban.

Pourquoi? C'est que dans les années 1980, les gouvernements ont adopté de nouvelles lois sévères et la police a travaillé plus fort pour réduire l'alcool au volant. Par conséquent, les gens sont beaucoup plus conscients des dangers liés à l'alcool au volant. Le nombre de conducteurs avec facultés affaiblies qui ont été arrêtés aux points de contrôle routier a diminué, tout comme le nombre de ceux qui sont morts lors de collisions.

A car accidentCes succès ne sont toutefois pas suffisants. Chaque année, les Canadiens effectuent plus de 7,4 millions de déplacements, chacun pouvant tourner en tragédie. En 2007, environ 1,84 million de Canadiens ont dit avoir pris le volant après avoir trop bu. En fait, environ le tiers de tous les conducteurs canadiens tués dans des collisions avaient consommé de l'alcool.

Les conducteurs avec facultés affaiblies ne sont pas les seules personnes qui en souffrent. Plus de 1 000 Canadiens, qu'ils aient les facultés affaiblies ou non, meurent encore chaque année dans des collisions où l'alcool est en cause. Ces collisions coûtent annuellement aux Canadiens plus de 10,6 milliards de dollars en salaires perdus, en dommages matériels et en coûts liés à la santé.

Ces chiffres sont trop élevés et ne diminuent pas.

Les campagnes de sécurité publique ont sensibilisé les Canadiens aux risques liés à l'alcool au volant, mais de nos jours, plusieurs personnes sont des consommateurs endurcis qui continuent de prendre le volant après avoir consommé de l'alcool.

Nous devons rappeler sans cesse à la population canadienne que l'alcool et le volant ne font pas bon ménage. Dorénavant, nous devrons peut-être trouver de nouveaux moyens pour amener les buveurs endurcis à changer leur comportement.

Pourcentage de conducteurs mortellement blessés dont l'alcoolémie dépassait la limite légale *
Figure: Pourcentage de conducteurs mortellement blessés dont l'alcoolémie dépassait la limite légale

*Les données de ce graphique sur la consommation d'alcool chez les conducteurs mortellement blessés dans des collisions au Canada sont compilées et gérées par la Fondation de recherches sur les blessures de la route au Canada, sous l'égide du Conseil canadien des administrateurs en transport motorisé et de Transports Canada.



Suzanne Savard : un décès violent

Une fille tristeLe 3 août 2002, Suzanne Savard, ayant tout juste fini de travailler dans un dépanneur à Chute-aux-Outardes, allait retrouver ses amis pour prendre un café et retourner à la maison à pied. Elle ne s'est jamais rendue. Un homme dont l'alcoolémie dépassait presque le double de la limite légale l'a frappée avec sa voiture sans même s'arrêter.

Ginette, la mère de Suzanne, s'exprime :

PEINE
La peine. C'est ce que je ressens le plus. C'est affreux de perdre un enfant. Pire encore, c'est de s'asseoir avec sa petite-fille de huit ans pour lui dire que sa mère est morte. Qu'est-ce que j'étais censée lui dire lorsque Sophie cherchait à comprendre pourquoi et comment ? Lorsqu'elle est allée travailler ce jour-là, Suzanne était heureuse et en bonne santé. Ceci n'était pas un accident. La mort de ma fille était insensée, déplorable et évitable. Nos vies ont été détruites à cause d'un conducteur en état d'ébriété. La vie telle que nous la connaissions est changée à jamais.

COLÈRE
Ma fille mesurait 5 pieds 8 pouces; elle n'était pas une femme de petite taille. Il faut réellement être ivre pour ne même pas remarquer qu'on vient d'écraser un être humain! Entre les mains du chauffeur, la voiture était devenue une arme roulante.

Ma fille mesurait 5 pieds 8 pouces ; elle n'était pas une femme de petite taille. Il faut réellement être ivre pour ne même pas remarquer qu'on vient d'écraser un être humain! Entre les mains du chauffeur, la voiture était devenue une arme roulante.

Les procédures judiciaires étaient à la fois très complexes, très longues et très impersonnelles. De plus, les restrictions relatives à notre participation étaient si nombreuses que des mois ont passé avant que je ne saisisse réellement les informations et les réponses auxquelles j'avais droit. Je me demande si vous pouvez imaginer l'ampleur de notre frustration et de notre sensation d'impuissance lorsque le juge a prononcé la peine : deux ans d'emprisonnement avec sursis.

INJUSTICE
Je ne comprends pas ces sentences bonbons - écoper d'une peine d'emprisonnement avec sursis de deux ans. De telles peines ne font rien pour dissuader les criminels de reprendre le volant pour faire d'autres victimes; elles n'apportent aucune mesure de paix aux familles dont les vies ont été détruites à jamais.

FRUSTRATION
J'ai l'impression que seul le prévenu a eu droit au soutien alors que ma famille était laissée à elle-même dans la souffrance et la peine. J'ignore si cet homme s'est réadapté aujourd'hui. Qui peut me dire avec certitude que l'homme qui a frappé ma fille ne conduit plus et qu'il respecte les conditions de libération imposées par la cour? Pourquoi a-t-il eu le droit d'aller à son chalet ? Qui était là pour vérifier s'il respectait ses conditions de libération? C'est frustrant.

DÉTERMINATION
Je garde une photo de Suzanne sur mon rétroviseur tout proche d'un slogan qui proclame « L'alcool au volant tue ». Il y a une plaque et des fleurs à l'endroit où Suzanne a été tuée et j'ai l'intention de continuer à placer des fleurs à cet endroit pour le reste de mes jours. Je parle de Suzanne chaque jour.

Je ne peux pas faire autrement si je ne veux pas perdre la tête. Tant et aussi longtemps que les gens continuent à conduire après avoir consommé de l'alcool, nos routes ne seront jamais sécuritaires pour nos familles, nos amis et nos voisins. Si je réussis à persuader même une seule personne de ne pas conduire après avoir consommé, mes efforts n'auront pas été vains.

N'OUBLIONS JAMAIS
Afin que Sophie n'oublie jamais sa mère, un album souvenir a été réalisé en l'honneur de cette femme super et attentive avec un coeur débordant d'amour. Ma petite-fille a maintenant onze ans et elle fait preuve de maturité impressionnante pour son jeune âge. Elle est si sérieuse et déterminée.

Chaque jour, tout comme le reste de la famille, Sophie doit apprendre à vivre sans Suzanne. Je tiens à remercier les bénévoles de MADD Canada de leur soutien. MADD Canada m'a permis de m'exprimer et de partager ma peine. Nous devons absolument, même si cela est difficile, faire front commun - nous ne devons jamais abandonner la lutte contre la conduite avec facultés affaiblies. Il faut mettre fin à la conduite avec facultés affaiblies et ceux qui commettent cet acte criminel doivent être punis comme il se doit.

Suzanne Savard, 35 ans Mère de Sophie, 8 ans Fille de Ginette et Elzéar Soeur de Nathalie et de Valérie Bien connue dans sa communauté, elle laisse beaucoup de parents et d'amis dans le deuil.

Donner un sens à ce qui n'en a pas

Il est toujours difficile de perdre quelqu'un qu'on aime. Et lorsque la mort est soudaine et violente, cela peut faire encore plus mal.

La douleur, la colère et la tristesse ne sont que quelques-unes des émotions que provoque la mort brutale et absurde d'un être cher. La perte d'un proche dans une collision due à la conduite avec facultés affaiblies met subitement fin aux rêves et aux attentes qu'on nourrissait à son endroit. Nous n'avons pas pu leur dire « adieu », « merci » ou « je suis désolé », ni régler toutes ces choses laissées en suspens. Ceux qui ont perdu un enfant ou un conjoint s'en veulent souvent beaucoup de ne pas avoir su les protéger.

Ce qui est le plus difficile à accepter pour les parents et amis de la victime d'un tel accident, c'est de savoir qu'il aurait pu être évité.

La colère est parfois au coeur du processus de deuil. Nombreux sont ceux qui disent avoir éprouvé beaucoup de colère et même de la rage envers la personne qui a choisi de conduire avec les facultés affaiblies. On en veut aussi au « système » et aux autres membres de la famille. Puisque chacun vit son deuil différemment, on peut en vouloir à ceux qui, dans la famille, semblent mieux vivre leur deuil. Il y en a aussi qui éprouvent de la colère envers la victime, à qui ils reprochent de les avoir abandonnés. Cette colère cache souvent une énorme tristesse qui est très difficile à supporter.

L'inquiétude et la peur sont des réactions communes également. Soudain, les familles se rendent compte que le malheur peut aussi frapper de bonnes personnes. Lorsqu'ils font face à une tragédie, certains peuvent avoir peur et se sentir impuissants.

La perte d'un être cher dans un accident mettant en cause la conduite avec facultés affaiblies fait vivre toutes sortes d'émotions et d'expériences. Les gens ont souvent l'impression qu'ils ne connaîtront jamais plus le bonheur. S'il est vrai que leur vie ne sera plus la même, les survivants finissent par s'en remettre. Nombreux sont ceux qui arrivent à reprendre des forces et à retrouver le bonheur. Mais ils éprouveront toujours une profonde tristesse en pensant au disparu, au potentiel qu'il ne pourra pas développer et aux rêves qu'il ne pourra pas réaliser.

Les mères contre l'alcool au volant
(MADD Canada)



Au-delà de la limite permise

Trop souvent, on lit dans les journaux : « L'autopsie a révélé que le conducteur avait un taux d'alcoolémie de 0,16, soit deux fois plus que la limite permise. » Savez-vous ce que signifie ce chiffre?

Une personne passant un examen de breathalyzerLorsquil circule, le sang libère lalcool dans les poumons dans une proportion égale à sa concentration dans le sang. Les policiers utilisent souvent lalcootest pour mesurer le taux dalcoolémie dans le sang (TA).

Le TA représente la quantité d'alcool dans le sang. Selon le droit canadien, un conducteur dépasse la limite légale si son sang contient plus de 80 milligrammes d'alcool par 100 millilitres, soit 0,08 mg p. 100 ou 0,08. Mais ses facultés pourraient être affaiblies par un taux plus bas. Conduire avec des facultés affaiblies signifie que votre capacité de conduire est réduite de façon importante par les drogues, les médicaments ou l'alcool. Lorsque vous buvez, votre TA augmente. Si vous vous faites arrêter et que vous avez dépassé la limite légale d'alcool dans le sang, vous aurez de nombreux problèmes.

L'alcootest mesure le taux d'alcool dans le sang.

QU'EST-CE QU'« UN VERRE »?
Le vin, la bière et les spiritueux ont des concentrations d'alcool différentes. La plupart des bières contiennent 5 p. 100 d'alcool, les vins, 11 à 12 p. 100, et les spiritueux comme la vodka ou le rye, 40 p. 100 ou plus.

Si vous buvez une demi-bouteille de vin en remplissant deux fois un grand verre, vous aurez alors bu l'équivalent de deux doses et demie par rapport à la dose standard.

En règle générale, une bouteille de bière de 341 ml (12 oz), un verre de vin de 148 ml (5 oz) et un verre de spiritueux de 44 ml (1,5 oz) contiennent la même quantité d'alcool : environ 13,5 g. Il s'agit là des « doses standards ». Il est cependant facile de boire plus sans s'en rendre compte. Comment?

  • Si vous buvez de la bière en fût plutôt qu'en bouteille, vous en commandez peutêtre une chope, laquelle pourrait contenir jusqu'à 50 p. 100 de plus que la dose standard d'alcool.
  • Si vous buvez une demi-bouteille de vin en remplissant deux fois un grand verre, vous aurez alors bu l'équivalent de deux doses et demie par rapport à la dose standard.
  • Si vous n'utilisez pas un verre de mesure à alcool lorsque vous préparez une boisson mélangée, vous boirez peut-être plus que vous n'en aviez l'intention.
  • La concentration d'alcool varie d'une marque et d'un type de boisson à l'autre. Par exemple, certaines bières légères contiennent moins de 5 p. 100 d'alcool, alors que d'autres marques peuvent en contenir davantage.

Comme vous pouvez le constater, il n'est pas facile de définir ce qu'on entend par un « verre ».

QU'ARRIVE-T-IL À L'ALCOOL ?
Peu importe la taille du verre, il faudra à votre corps de 30 à 90 minutes pour distribuer l'alcool dans votre sang.

L'alcool passe ensuite dans le foie, qui en dé compose plus de 90 p. 100 en dioxyde de carbone et en eau. Le reste est évacué inchangé.

Ce processus prend environ deux heures pour une dose standard. Toute quantité supplémentaire que vous buvez pendant ce temps restera dans votre sang jusqu'à ce que votre foie soit en mesure de la traiter. Votre taux d'alcoolémie (TA) atteint donc rapidement un sommet. Si vous cessez de boire, votre TA diminuera lentement, mais il mettra sans doute beaucoup plus de temps à descendre qu'à monter.

CHACUN RÉAGIT DIFFÉREMMENT
Saviez-vous que la quantité de sang dans votre corps dépend de votre type corporel? En effet, plus vous êtes léger, moins vous avez de sang. Si vous pesez 68 kg (150 lb) et que vous buvez autant d'alcool qu'une personne de même sexe qui pèse 80 kg (175 lb), votre TA sera plus élevé que le sien.

Par ailleurs, les tissus musculaires contiennent plus de sang, alors que les tissus adipeux (gras) contiennent plus d'eau. Si vous avez un surpoids et que vous absorbez la même quantité d'alcool qu'une personne musclée du même sexe, votre TA sera plus élevé que le sien. Pourquoi ? Parce qu'il y a moins de sang dans lequel l'alcool peut se mélanger, la concentration d'alcool dans le sang sera plus élevée.

Comme les femmes sont en général plus petites que les hommes et qu'elles ont plus de tissus adipeux, une femme qui boit la même quantité d'alcool qu'un homme aura habituellement un TA plus élevé, souvent beaucoup plus élevé.

LE TEMPS JOUE EN NOTRE FAVEUR
Vous avez peut-être entendu dire qu'en ne buvant pas plus d'une consommation standard à l'heure, votre TA ne dépassera pas la limite permise. Cette règle ne fonctionne que pendant environ deux heures et principalement chez les hommes. Il serait préférable de ne pas prendre plus de deux consommations standards pendant la soirée.

Vous avez peut-être entendu dire qu'on peut se dégriser plus vite en dansant, en cou rant, en urinant, en prenant une douche ou en buvant de l'eau ou du café noir. N'en croyez rien. Le temps est le seul moyen de faire baisser le TA. Si vous avez trop bu, il faudra environ six heures à votre corps pour évacuer tout l'alcool.

En résumé, si vous avez bu de l'alcool, ne prenez pas le volant.



Où avais-je la tête ?

Ce que vous mangez ou buvez peut avoir un effet sur vous de différentes façons et à différents moments. Vous pouvez prendre un café le soir et dormir comme un bébé, tandis qu'un autre soir, vous pouvez n'en prendre qu'une gorgée et ne pas dormir de la nuit. Le chili épicé n'a peut-être pas d'effet sur vos amis alors qu'une seule bouchée peut vous donner des brûlures d'estomac.

Il en va de même pour l'alcool. Il est difficile de savoir quel effet une petite quantité d'alcool aura sur vous, même s'il s'agit de la quantité que vous consommez normalement. Une chope de bière peut avoir plus d'effet si vous êtes fatigué ou si vous la buvez au dîner plutôt qu'après le souper. Votre santé et votre humeur jouent elles aussi un rôle dans la façon dont l'alcool modifie votre comportement, votre vision et votre temps de réaction. Même votre environnement peut avoir un effet : après avoir pris un verre ou deux, vous risquez probablement plus de faire des bêtises si vous êtes entre amis de longue date que s'il s'agit d'un repas d'affaires.

Une personne tenant le téléphoneMême si les effets de l'alcool ne sont pas toujours les mêmes, votre organisme, y compris les nerfs qui contrôlent vos muscles, s'en trouvera presque toujours ralenti. Et comme peut l'affirmer tout barman, l'alcool peut provoquer chez certaines personnes la colère, la tristesse ou l'inquiétude.

Souvent, ceux qui boivent régulièrement apprennent à cacher certains signes évidents de la consommation d'alcool. Mais même s'ils peuvent parfois tromper leurs amis et eux-mêmes, ils ne peuvent pas tromper leur corps.

LES EFFETS PEUVENT ÊTRE MORTELS
Au fur et à mesure que votre taux d'alcoolémie augmente, les effets de l'alcool augmentent aussi. Souvent, le premier verre vous détend.

Cependant, des effets moins agréables se produisent au même moment. Tout d'abord, vous remarquerez probablement qu'il vous sera de plus en plus difficile de faire des tâches qui exigent de la précision et des décisions rapides. (Avez vous déjà essayé de jouer à un jeu vidéo après avoir consommé une bière?)

Au fur et à mesure que la soirée avance, votre capacité de penser diminue. Vous avez peut-être de la difficulté à bien comprendre un film ou à faire plusieurs choses en même temps.

Buvez encore un peu, et vous risquez de ne plus être capable de suivre la conversation. Même les gestes les plus simples, comme changer un CD ou se déplacer dans une foule deviennent difficiles à faire.

Si vous continuez de boire, vos mouvements seront maladroits, vous aurez des troubles de prononciation, vous manquerez d'équilibre et vous réagirez lentement. Vous aurez peut-être de la difficulté à vous concentrer visuellement. Plutôt que d'être jovial comme au début de la soirée, vous commencerez peut-être à pleurer.

Prenez un ou plusieurs autres verres, et vous risquez de tomber dans le coma. Si tel est le cas et que vous ne recevez pas de traitement dans les 10 heures, vous pourriez en mourir. Lorsque votre taux d'alcoolémie atteint 0,25 mg, vous pouvez mourir d'empoisonnement par l'alcool ; s'il atteint 0,4, il est presque certain que vous en mourrez.

Lorsque votre taux d'alcoolémie atteint 0,25 mg, vous pouvez mourir d'empoisonnement par l'alcool; s'il atteint 0,4, il est presque certain que vous en mourrez.

LA CONDUITE AVEC FACULTÉS AFFAIBLIES
Supposons que vous n'avez pris que quelques verres. Vous pensez peut-être que vous êtes en état de conduire puisque vous n'êtes qu'à dix minutes de la maison en empruntant de petites rues. Cela peut être très risqué car la conduite d'un véhicule fait appel à presque toutes vos aptitudes de base, du jugement à la coordination oeil-main, et l'alcool a des conséquences sur celles-ci.

Vous souvenez-vous à quel point vous étiez nerveux lorsque vous avez appris à conduire? Ce n'était pas pour rien. Lorsque vous êtes au volant, vous devez surveiller la route, éviter les dangers, garder votre véhicule dans la bonne voie et maintenir une vitesse constante, tout cela en même temps. Vous pouvez penser que c'est facile, mais en réalité, ça ne l'est pas. C'est que la conduite exige une grande concentration et que l'alcool, même en petites quantités, la rend plus difficile.

Votre capacité de voir et de penser clairement est l'une des plus importantes habiletés qu'exige la conduite automobile. Après ne serait-ce qu'un seul verre, il est plus difficile d'évaluer la distance entre les objets immobiles. Vous pouvez donc avoir de la difficulté à sortir votre véhicule du stationnement en marche arrière. Et même si votre taux d'alcoolémie est très faible, il vous sera plus difficile d'évaluer les distances entre les objets en mouvement.

Une chope de bière peut avoir plus d'effet si vous êtes fatigué ou si vous la buvez au dîner plutôt qu'après le souper.

Conduire la nuit après avoir consommé de l'alcool est particulièrement difficile, surtout pour les personnes plus âgées dont la vision n'est déjà plus ce qu'elle était. Plus votre taux d'alcoolémie est élevé, plus il vous faudra de temps pour retrouver votre vision après avoir été ébloui par les phares d'un véhicule venant en sens inverse.

Lorsque vous êtes sobre au volant, vous regardez régulièrement la route afin de voir les piétons, les autres véhicules et les panneaux indicateurs, ce que vous ne faites pas aussi souvent lorsque vos facultés sont affaiblies. Après avoir consommé de l'alcool, vous avez tendance à concentrer votre attention sur une seule chose plus longtemps que d'habitude. Il vous faut plus de temps pour voir ce qui se passe et quelque chose d'important pourrait vous échapper. Lorsque vous êtes sous l'influence de l'alcool, il vous est plus difficile de voir ce qui se passe à l'extérieur de votre ligne visuelle. Vous accorderez aussi moins d'attention à ce que vous voyez, et ce, même s'il s'agit d'un enfant qui traverse la rue en courant.

L'alcool a des effets sur d'autres aptitudes nécessaires à la conduite automobile. Par exemple, des tests ont révélé que les conducteurs avec facultés affaiblies tournent plus lentement et freinent plus vite. Ils prennent également plus de temps à ramener le volant et à changer de vitesse.

Puisque la consommation d'alcool modifie votre jugement, elle peut également vous amener à prendre des risques. Cette fausse confiance qui vous fait parler plus librement autour d'un bol de punch peut avoir des conséquences tragiques sur la route. Lorsque vous êtes sous l'influence de l'alcool, vous pourriez ne pas tenir compte de votre marge d'erreur habituelle. Ainsi, vous pourriez être certain d'avoir le temps de traverser l'intersection avant que le feu de circulation ne passe au rouge, une décision que vous n'auriez peutêtre pas prise si vous n'aviez pas consommé d'alcool. Plus vous buvez, plus vous risquez de causer une collision.

Cette fausse confiance qui vous fait parler plus librement autour d'un bol de punch peut avoir des conséquences tragiques sur la route.

Même les conducteurs ayant un faible taux d'alcoolémie risquent plus d'être en cause dans une collision mortelle que le conducteur sobre moyen. À compter de la limite permise de 0,08 mg, le risque augmente beaucoup. Lorsque votre taux d'alcoolémie est de 0,15, vous courez 65 fois plus de risques d'être impliqué dans une collision mortelle.

Figure: Risque relatif de collision mortelle selon l'alcoolémie et l'âge
Figure: Risque relatif de collision mortelle selon l'alcoolémie et l'âge
Source: Mayhew, D.R., Donelson, A.C., Beirness, D.J., & Simpson, H.M. 1986. « Youth, Alcohol and Relative Risk of Crash Involvement » Accident Analysis and Prevention 18:273-287.

Si vous avez 35 ans et que vous conduisez avec un taux d'alcoolémie qui se situe entre 0,08 et 0,099, vous courez quatre fois plus de risques d'être tué dans une collision que si vous n'aviez pas bu ; si vous avez 19 ans et que vous conduisez avec le même taux d'alcool, vous courez 20 fois plus de risques de vous faire tuer.

Lorsque votre taux d'alcoolémie est de 0,15, vous courez 65 fois plus de risques d'être impliqué dans une collision mortelle.

Des données comme celles-ci ont amené certaines provinces à appliquer une politique de tolérance zéro ou à fixer des taux très bas d'alcoolémie pour les jeunes et les nouveaux conducteurs. S'ils conduisent et se font arrêter après avoir consommé de l'alcool, même en petite quantité, on peut leur imposer une amende et suspendre leur permis de conduire.

Peu importe votre expérience de conducteur, l'alcool change tout. Tout le monde court un risque : vous, vos passagers et les autres usagers de la route. Alors, avant de prendre votre premier verre et de voir votre jugement réduit, faites le bon choix : ne prenez pas votre véhicule.



« Tout va bien monsieur l'agent, croyez-moi. »

La plupart d'entre nous aiment penser qu'ils sont de bons citoyens. Nous allons voter, nous payons nos impôts et nous recyclons. Il est difficile de croire que nous puissions un jour être perçus comme des criminels.

Si vous conduisez un véhicule automobile lorsque vos facultés sont affaiblies, vous commettez un crime. Et il n'est pas nécessaire que vous conduisiez une voiture ou un camion pour qu'on vous accuse. Les lois sur la conduite avec facultés affaiblies s'appliquent aux conducteurs de bateaux, de motoneiges, de véhicules tout-terrain et d'avions. Elles s'appliquent, que vous conduisiez sur une propriété privée ou sur la voie publique. Elles s'appliquent même si le véhicule est stationné. Dès que vous prenez place derrière le volant, clés en main, les lois s'appliquent.

VOICI CE QUI POURRAIT VOUS ARRIVER, ET ÇA N'A RIEN D'AMUSANT
Si un policier vous arrête au volant d'un véhicule et que vous avez bu ou consommé de la drogue ou des médicaments, vous pourriez passer un mauvais quart d'heure.

Voiture de policeL'agent vous posera quelques questions et sentira l'air dans le véhicule. S'il vous soupçonne d'avoir bu, d'avoir consommé de la drogue ou d'avoir pris des médicaments, il vous demandera de fournir un échantillon d'haleine, ce que vous ferez en soufflant dans un appareil.

Au Canada, la police calcule la quantité d'alcool dans votre sang en utilisant deux types d'alcootests. Sur la route, les agents utilisent habituellement un appareil de détection approuvé pour déterminer si vous avez bu de l'alcool au point où vous devriez subir un second alcootest, lequel est plus précis.

Si, pour une raison quelconque, vous ne pouvez souffler dans l'appareil de détection approuvé, l'agent peut se procurer un man dat pour obtenir un échantillon de sang. Vous ne pouvez pas refuser de fournir un échantillon d'haleine ou de sang sans excuse valable; c'est contre la loi. Si vous êtes comme la plupart des gens qui se font arrêter, vous soufflerez dans l'appareil de détection approuvé.

Si une lumière d'avertissement s'allume sur l'appareil de détection, c'est que la quantité d'alcool dans votre sang est supérieure à la limite légale. Dès lors, l'agent peut suspendre votre permis pour une courte période et votre voiture sera probablement remorquée. Entretemps, on vous arrêtera, on vous fera monter dans une voiture de patrouille, puis on vous conduira au poste de police le plus près.

Au poste de police, on vous permettra d'appeler un avocat, qui devrait vous rappeler que le fait de refuser de fournir un échantillon d'haleine ou de sang est un crime.

Menottes de port d'une personneSi l'échantillon démontre que vous dépassez la limite légale, la police vous accusera en vertu du Code criminel du Canada. Elle prendra votre photo et vos empreintes digitales. Vous vous sentirez comme un criminel, car c'est de cela qu'on vous accuse. (Vous n'êtes pas un criminel tant que vous n'êtes pas reconnu coupable).

Si la cour détermine que vous avez conduit alors que vos facultés étaient affaiblies, vous serez pénalisé sévèrement. Le tableau 1 indique, selon la province ou le territoire, les pénalités qui s'appliquent à chaque type d'infraction pour conduite avec facultés affaiblies.

Tableau 1 - Sanctions provinciales/territoriales pour conduite avec facultés affaiblies
Tableau 1 - Sanctions provinciales/territoriales pour conduite avec facultés affaiblies

Votre permis sera suspendu pour une période maximale de 90 jours. Après avoir signé un formulaire par lequel vous promettez de comparaître en justice à une date donnée, vous pourrez partir.

Le jour de votre comparution, le juge pourrait vous condamner, vous ordonner de payer une amende de 1 000 $, suspendre votre permis de conduire pour un an ou plus, et vous obliger à faire des travaux communautaires.

En vertu du Code criminel, vous perdrez votre permis de conduire pendant un an pour une première infraction. La deuxième fois, vous devrez passer 30 jours en prison et vous perdrez votre permis pour une période maximale de cinq ans. La troisième fois, vous passerez au moins quatre mois en prison et vous pourriez perdre votre permis pour toujours (voir le tableau 2). Vous recevez une lettre du gouvernement provincial ou territorial vous informant que vous avez perdu votre permis de conduire et vous expliquant ce que vous devrez faire pour le récupérer. Vous pourriez devoir vous soumettre à un examen médical et être obligé d'installer un antidémarreur dans votre voiture.

Pensez-y. L'alcool au volant peut faire de vous un criminel, vous obliger à payer des frais importants et même vous faire perdre votre emploi si vous gagnez votre vie en conduisant. Lorsque vous pourrez récupérer votre permis, vos primes d'assurance mon teront en flèche. Et les choses auraient pu être pires.

Supposons qu'au lieu de simplement vous faire pincer lors d'un contrôle routier, vous êtes impliqué dans une collision entraînant des blessures ou la mort. La collision vous hantera pour le reste de votre vie, et vous serez puni en vertu de la loi. Il est possible que vous ayez à dédommager les victimes d'une façon ou d'une autre. On peut également vous accuser de conduite avec facultés affaiblies ayant causé des blessures ou la mort. Le Code criminel du Canada impose d'autres pénalités, y compris des peines d'emprisonnement. Si vous blessez quelqu'un lorsque vous conduisez avec facultés affaiblies, vous pourriez recevoir une peine d'emprisonnement d'une période maximale de dix ans. Si vous tuez quelqu'un, vous pourriez être emprisonné à vie.

Lorsque vous récupérez votre permis, on pourrait vous obliger d'installer un dispositif d'antidémarrage. Pourquoi? Ce dispositif oblige le conducteur à fournir un échantillon d'haleine avant de faire démarrer le véhicule. Le véhicule démarrera seulement si la quantité d'alcool dans votre sang est faible ou nulle. Une fois que vous aurez fourni un échantillon d'haleine et que la voiture aura démarré, le dispositif vous obligera de fournir un autre échantillon d'haleine à un moment indéterminé. Si vous refusez de soumettre un échantillon d'haleine ou que le dispositif démontre que votre taux d'alcool est trop élevé, une alarme sera déclenchée. Toutes les données sont enregistrées et peuvent être consultées par les autorités responsables d'accorder des permis de conduire.

Comparé à se faire pincer lors d'un contrôle routier, faire remorquer son véhicule, blesser d'autres personnes ou même mourir dans une collision, le prix d'un taxi pour rentrer à la maison après une fête est une vraie aubaine, n'est-ce pas?

NON MERCI, JE CONDUIS
Il est facile d'éviter une arrestation : Si vous buvez, ne prenez pas le volant. Désignez un conducteur et engagez-vous à jouer ce rôle la prochaine fois. Prenez un taxi ou l'autobus. Appelez votre mère. Appelez votre conjointe ou votre conjoint.

Si vous décidez de prendre une ou deux consommations :

  • Surveillez les quantités : Soyez honnête; un double martini ou un grand verre de vin rouge compte pour plus d'une consom mation.
  • Si on vous dit que vous n'êtes pas en état de conduire, ne faites pas d'histoire et remettez vos clés.
  • Soyez très prudent : Si vous buvez, ne prenez pas le volant.

Tableau 2 - Sanctions prévues par le Code criminel pour la conduite avec facultés affaiblies
Tableau 2 - Sanctions prévues par le Code criminel pour la conduite avec facultés affaiblies



Les drogues, les médicaments et la conduite automobile ne vont pas ensemble

PillulesLa plupart d'entre nous savent que l'alcool et la conduite automobile ne font pas bon ménage, mais qu'en est-il des drogues et des médicaments?

Il est dangereux de prendre des drogues ou des médicaments, qu'ils soient légaux ou non, avant de conduire. C'est un grave problème au Canada. Des études ont démontré que jusqu'à 30 p. 100 des conducteurs tués dans des collisions avaient consommé des drogues ou des médicaments avant de prendre le volant.

Après avoir consommé des drogues ou des médicaments, il est plus difficile d'évaluer les distances, de prendre des décisions et de réagir rapidement. Vous trouverez peutêtre qu'il est plus difficile de tourner, de rester dans votre voie et de conduire à une vitesse constante. Vos facultés sont beaucoup plus affaiblies lorsque vous consommez plus d'une drogue ou d'un médicament avant de conduire. Les effets combinés de l'alcool et des drogues ou des médicaments, même en petite quantité, peuvent être beaucoup plus grands que lorsqu'ils sont pris séparément.

Le 2 juillet 2008, une nouvelle loi donnait plus de pouvoirs aux policiers canadiens pour intervenir auprès des conducteurs avec facultés affaiblies par des drogues ou des médicaments. Si un agent croit que vous conduisez alors que vos facultés sont affaiblies par une drogue ou un médicament, il vous demandera de vous soumettre sur place à un test normalisé de sobriété. Il examinera vos yeux et tentera de voir si vous avez de la difficulté à garder l'équilibre.

S'il lui semble que vos facultés sont affai blies, l'agent vous amènera au poste de police, où un expert vérifiera votre coordination, examinera vos yeux, vous interrogera et prendra votre température, votre pouls et votre pression artérielle. De plus, vous devrez fournir un échantillon d'urine, de salive ou de sang. Le refus de vous conformer à la demande de l'agent est un acte criminel.

Si vous prenez des médicaments, demandez à votre médecin ou à votre phar macien s'ils peuvent nuire à la conduite d'un véhicule et si la consommation d'alcool, même en petite quantité, peut aggraver le problème.

Les dangers liés à la conduite avec facultés affaiblies par une drogue ou un médicament sont similaires à ceux liés à la conduite sous l'influence de l'alcool, tout comme les peines prévues si vous êtes reconnu coupable.



Les adolescents ont moins d'expérience pour faire face aux difficultés qu'ils rencontrent sur la route.

Au cours des dix dernières années, les adolescents ont écouté les gens qui dénonçaient l'alcool au volant.

Le nombre de jeunes impliqués dans des collisions où l'alcool au volant était en cause a diminué plus rapidement que dans tous les autres groupes d'âge. Plusieurs d'entre eux savent qu'ils doivent désigner un conducteur, mais ils sont toujours confrontés à des risques particuliers.

  • Les adolescents ont moins d'expérience pour faire face aux difficultés qu'ils rencontrent sur la route.
  • Puisque les jeunes conducteurs font souvent du covoiturage, les collisions dans lesquelles ils sont impliqués tuent ou blessent souvent d'un seul coup plusieurs personnes.
  • Comme la majorité des jeunes n'ont pas le droit de consommer de l'alcool, ils le font souvent loin de la ville, comme dans des parcs ou dans des chalets. On ne peut donc pas leur conseiller de retourner chez eux à pied ou de prendre l'autobus.
  • Les guides destinés aux adultes tiennent rarement compte des pressions exercées par les jeunes, qui encouragent d'autres jeunes à prendre de l'alcool et à essayer des drogues. Qu'elles soient prises seules ou mélangées avec de l'alcool, les drogues aussi peuvent causer des problèmes.

Voici quelques moyens qui peuvent permettre aux jeunes et à leurs parents de réduire les risques liés à la conduite avec facultés affaiblies.

CONSEILS POUR LES ADOLESCENTS

  • Affirmez-vous. Parlez à vos amis des risques liés à l'alcool au volant.
  • Pensez-y bien. Comment feriez-vous pour vous déplacer si vous ne pouviez pas conduire? Un permis de conduire par étapes signifie que vous pouvez perdre votre permis après avoir pris seulement un verre. Comment vous sentiriez-vous si vous causiez un accident, surtout si quelqu'un était blessé ou tué?
  • Assurez-vous que votre conducteur désigné ne boit pas d'alcool.
  • Soyez ferme. Ne montez jamais à bord d'une voiture lorsque le conducteur a bu. Appelez plutôt vos parents ou quelqu'un d'autre pour que l'on vienne vous chercher. Ils préféreront aller vous chercher au milieu de la nuit plutôt que d'ap prendre que vous avez été blessé ou que vous êtes mort dans une collision.
  • Ayez sur vous assez d'argent pour prendre un taxi au besoin.
  • Célébrez sagement. Le soir de la remise des diplômes, gardez en tête la sécurité. Prévoyez des activités sans alcool. Si vous et vos amis décidez de prendre un verre, assurez-vous, avant de partir, que chacun rentrera chez lui en toute sécurité.

CONSEILS POUR LES PARENTS

  • Soyez ouverts. Discutez avec vos adolescents des dangers associés à l'alcool, aux drogues et aux médicaments lorsqu'on conduit. Avertissez-les que vous ne leur permettrez plus d'utiliser la voiture s'ils conduisent après avoir bu de l'alcool.
  • Fournissez-leur un filet de sécurité. Dites à vos adolescents qu'ils peuvent vous appeler en tout temps pour rentrer à la maison en toute sécurité.
  • Donnez-leur les faits. Rappelez à vos adolescents qu'il est aussi dangereux de monter dans une voiture conduite par quelqu'un qui a bu que de conduire soimême après avoir bu.
  • Donnez le bon exemple. Si vous avez bu, ne conduisez pas.

On dit souvent que par prudence, les femmes ne devraient pas boire plus d'un verre toutes les deux heures.

LES FEMMESFemmes ayant des boissons

UNE PETITE QUANTITÉ D'ALCOOL SUFFIT
Le plus souvent, l'information concernant l'alcool au volant s'adresse aux hommes. Cela avait du sens à l'époque où la majorité des conducteurs était des hommes. Mais les temps ont changé. Environ le tiers de tous les conducteurs de voitures au Canada sont maintenant des femmes. Les femmes ne devraient pas s'appuyer sur des conseils destinés aux hommes pour déterminer si elles sont en mesure de conduire. Après avoir bu la même quantité d'alcool que les hommes, le taux d'alcoolémie des femmes est généralement plus élevé. C'est que la plupart d'entre elles sont plus petites et qu'elles ont moins de sang que la majorité des hommes.

LES BUVEURS ENDURCIS

DIFFICILE DE CHANGER LEUR COMPORTEMENT
Depuis les années 1980, l'alcool au volant a beaucoup diminué au Canada, mais les buveurs endurcis continuent de conduire après avoir consommé beaucoup d'alcool, parfois deux fois plus que la limite permise. Certains en font une habitude et il est très difficile de les faire changer de comportement.

Le verre de bière qu'on buvait à 30 ans sans que cela ne pose de problème a plus d'effet sur notre conduite automobile à 70 ans.

Il peut s'agir de gros buveurs ou d'alcooliques. Ils ne veulent peut-être pas admettre que l'alcool au volant leur pose un problème, parce que ce serait admettre qu'ils ont un problème d'alcool. Si vous connaissez de telles personnes :

  • Essayez d'aborder le problème de l'alcool au volant lorsqu'elles sont sobres.
  • Si elles décident de chercher de l'aide, encouragez-les.
  • Invitez-les à des activités sociales où on ne sert pas d'alcool afin qu'elles se rendent compte qu'il n'est pas nécessaire de boire pour s'amuser.
  • Faites preuve de patience. Ce n'est pas facile de rester sobre ; à peu près tout le monde a fait au moins une rechute.

LE VIEILLISSEMENT ET LA CONDUITE AUTOMOBILE

DES BESOINS QUI CHANGENT
Même si plus des deux tiers des Canadiens de 65 ans ou plus ont un permis de conduire et ont accès à une voiture, plusieurs ne prennent pas le volant la nuit et conduisent plus lentement le jour. C'est que leur vision a changé et que leur temps de réaction est plus lent qu'avant.

Malgré tout, les conducteurs âgés risquent davantage d'être impliqués dans des collisions aux intersections, car il leur arrive de ne pas voir les panneaux de signalisation ou de ne pas céder le passage. Ils peuvent aussi
avoir de la difficulté à tourner à gauche parce que cela les oblige à faire trop de choses en même temps.

Les conducteurs âgés courent plus de risques d'avoir des problèmes de santé qui peuvent nuire à la conduite automobile. Par exemple, les personnes atteintes d'arthrite ont plus de difficulté à tenir fermement le volant. Les médicaments qu'elles prennent à cause de leur état de santé peuvent également augmenter les risques de provoquer une collision.

Ces facteurs, combinés à l'alcool, peuvent être mortels. Les personnes âgées devraient faire très attention à l'alcool au volant. Le verre de bière qu'on buvait à 30 ans sans que cela ne pose de problème a plus d'effet sur notre conduite automobile à 70 ans.

LES CONDUCTEURS HORS ROUTE

Une personne conduisant un véhicule tout-terrainCONDUIRE EN TOUTE SÉCURITÉ... MÊME HORS ROUTE
Qu'on conduise un bateau, une motoneige ou un véhicule tout-terrain, tous les véhicules sont plus difficiles à conduire quand on a bu de l'alcool. Les lois qui s'appliquent aux conducteurs de véhicules routiers s'appliquent aussi aux conducteurs de véhicules hors route. Que vous conduisiez une voiture en ville ou un bateau sur un lac, vous pouvez être reconnu coupable de conduite avec facultés affaiblies.

La conduite hors route comporte des défis. Par exemple, il n'y a pas de feux de circulation ni de panneaux de signalisation. De plus, on fait face à des obstacles qu'on ne rencontre pas sur la route et qui peuvent nous sur prendre, qu'il s'agisse de clôtures ou de bouées. Puisque la plupart d'entre nous passent moins de temps à conduire une motoneige ou un véhicule tout terrain qu'une voiture, nous sommes moins habitués à faire face aux dangers et à prendre les bonnes décisions dans de telles situations. Ajoutez à cela l'alcool, et vous courez tout droit à la catastrophe.

Ajoutez à cela l'alcool, et vous courez tout droit à la catastrophe.

L'alcool ne vous réchauffera pas s'il fait froid ou s'il pleut. En fait, l'alcool abaisse la température du corps. Vous risquez donc d'avoir encore plus froid. Soyez prudents : laissez l'alcool à la maison.



Savoir faire attention à ses invités

Vous voulez bien accueillir vos invités, mais vous ne voulez pas qu'ils soient impliqués dans une collision en retournant chez eux. Si vous servez de l'alcool, vous pourriez même être tenu responsable devant la loi des dommages causés par vos invités lors de leur retour à la maison.

Vous devez vous assurer que vos invités ne conduisent pas s'ils sont en état d'ébriété. Voici quelques conseils.

  • Acceptez qu'on vous dise « non ». Si vous offrez à boire à vos invités et qu'ils vous répondent « non merci », n'essayez pas de les faire changer d'idée.
  • Offrez d'autres choix à vos invités. Servez un punch aux fruits bien identifié comme « cocktail sans alcool », de même que d'autres jus sans alcool, de l'eau et des boissons gazeuses.
  • N'ayez pas un « bar ouvert ». Lorsque toutes les bouteilles sont sorties, les invités ont tendance à trop boire.
  • Restez sobre. Vous devrez peut-être cesser de servir à boire à certains invités et essayer de les empêcher de prendre le volant si vous croyez qu'ils ont trop bu. Pour être un bon hôte, il faut faire preuve de jugement et de tact, ce qui sera impos sible si vos facultés sont affaiblies.
  • Finissez la fête dans la modération. Arrêtez de servir des boissons alcoolisées quelques heures avant la fin de la soirée. Servez plutôt de la nourriture et des boissons non alcoolisées, et retenez vos invités un peu plus longtemps.
  • Ayez de l'argent sur vous pour régler le coût d'un taxi.
  • Offrez à vos invités de dormir chez vous.
  • Lorsque vous les invitez, demandez aux gens de planifier un retour sécuritaire chez eux.

SAVOIR ÊTRE UN BON PASSAGER
Voici comment vous pouvez aider les passagers de votre voiture à rentrer chez eux en toute sécurité.

  • Avant de vous rendre à la fête, assurezvous que tous les passagers savent qui est le conducteur désigné.
  • Gardez l'oeil sur le conducteur désigné. S'il a bu de l'alcool, proposez-lui de manger. Si vous n'avez pris qu'un verre ou deux, proposez-lui de prendre sa place et cessez de boire de l'alcool.
  • Ne laissez personne monter pas à bord du véhicule si les facultés du conducteur sont affaiblies. Votre sécurité est plus importante que les réactions des autres.
  • Soyez honnête. Si quelqu'un vous demande de conduire parce qu'il ou elle ne s'en sent pas capable, n'acceptez pas de le faire si vous avez bu de l'alcool. Proposez plutôt une autre façon de rentrer à la maison.


Quiz

  1. Qu'est-ce que le taux d'alcoolémie?
    a. la quantité d'alcool dans le corps
    b. le taux d'alcool dans le sang
    c. la quantité d'alcool dans l'air expiré
    d. la quantité d'alcool recommandée

  2. Au Canada, quel est le taux d'alcoolémie à ne pas dépasser en vertu de la loi?
    a. 80 mg d'alcool par 100 ml de sang (0,08 p. 100)
    b. 50 mg d'alcool par 100 ml de sang (0,05 p. 100)
    c. 100 mg d'alcool par 100 ml de sang (0,1 p. 100)
    d. 60 mg d'alcool par 100 ml de sang (0,06 p. 100)

  3. La police utilise un alcootest pour déterminer à quel point l'alcool a affaibli vos facultés lorsque vous étiez au volant.
    Vrai
    Faux

  4. La consommation de drogues, de médicaments ou d'alcool, ou une combinaison de ces substances nuit :
    a. à la coordination
    b. au temps de réaction
    c. à la capacité de prendre des décisions
    d. toutes ces réponses

  5. Un « verre standard » d'alcool (vin, bière ou spiritueux) équivaut à :
    a. 6 oz (177 ml) verre de vin, 20 oz (591 ml) chope de bière, 2 oz (59 ml) spiritueux
    b. 5 oz (148 ml) verre de vin, 18 oz (532 ml) chope de bière, 1,5 oz (44 ml) spiritueux
    c. 5 oz (148 ml) verre de vin, 12 oz (355 ml) bouteille de bière, 1,5 oz (44 ml) spiritueux
    d. 6 oz (177 ml) verre de vin, 15 oz (444 ml) bouteille de bière, 3 oz (89 ml) spiritueux

  6. En moyenne, un verre standard d'alcool se digère en deux heures.
    Vrai
    Faux

  7. Si vous avez un taux d'alcoolémie de 0,09 p. 100, il vous faudra, en moyenne, combien de temps pour éliminer tout cet alcool de votre sang?
    a. 3 heures
    b. 4 heures
    c. 5 heures
    d. 6 heures

  8. Les pénalités prévues pour conduite avec facultés affaiblies par des drogues ou des médicaments sont les mêmes que pour la conduite avec facultés affaiblies par l'alcool.
    Vrai
    Faux

  9. Chaque année, près de 60 000 canadiens sont accusés de conduite avec facultés affaiblies.
    Vrai
    Faux

  10. Si vous en êtes à votre troisième infraction, vous pourriez perdre votre permis de conduire pour toujours.
    Vrai
    Faux




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Date de modification :
2010-01-20

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