Fiche de renseignements
TP 2436F
RS-2008-07
Juin 2008
Direction générale de la sécurité routière
et de la réglementation automobile
Le présent rapport brosse un tableau des accidents et des blessures graves causés par la vitesse excessive au cours de la période allant de 2002 à 2004. Les chercheurs canadiens en sécurité routière se servent souvent de la période allant de 1996 à 2001 comme base de comparaison pour mesurer les progrès qui ont été accomplis depuis. Dans ce rapport, afin de déterminer si la situation s'améliore ou se détériore dans divers aspects des accidents où la vitesse est en cause, on comparera souvent les données de la période allant de 2002 à 2004 à celles de la période allant de 1996 à 2001.
Entre 2002 et 2004, plus de 700 personnes ont été tuées et plus de 3 500 personnes ont été grièvement blessées chaque année dans des accidents où la vitesse excessive était en cause. En d'autres mots, la vitesse excessive était un facteur dans près de 25 % des décès et 20 % des blessures graves provoqués par des accidents de la route.
Les accidents où la vitesse excessive est en cause se produisent souvent parce que les conducteurs prennent couramment des risques, entre autres ils dépassent la limite de vitesse affichée ou conduisent à une vitesse qui n'est pas sécuritaire en raison des conditions routières, météorologiques ou de luminosité. Même les conducteurs, qui ne se considèrent pas comme étant des conducteurs agressifs, ont un penchant pour la conduite à une vitesse excessive. La majorité des accidents pourraient être évités en apportant des changements à l'attitude et au comportement des conducteurs. Cependant, il semble que ces changements soient difficiles à apporter, en partie parce que trop de conducteurs recherchent la sensation que procure la vitesse excessive plutôt que de penser aux risques qui y sont associés, c'est-à-dire les risques pour eux-mêmes, leurs passagers et les autres usagers de la route.
Une personne qui conduit à une vitesse excessive est moins capable de négocier les virages et les détours de la route et diriger son véhicule en cas d'avaries routières. Plus un véhicule roule vite, plus il faudra de temps pour le ralentir ou l'arrêter. Dans une situation d'urgence, ces quelques secondes supplémentaires peuvent faire la différence entre la vie et la mort. Même si les technologies comme les ceintures de sécurité, les sacs gonflables et les zones déformables du véhicule aident à sauver des vies, il y a des limites à leur efficacité à prévenir les accidents à haute vitesse.
Le nombre de victimes tuées et blessées dans des accidents où la vitesse était en cause est comparable au nombre de victimes des accidents liés à l'alcool. Boire et conduire est de plus en plus perçu comme socialement inacceptable, grâce à l'application de la loi et à l'éducation du public. En tenant compte de l'ampleur du problème de la vitesse, mettre en danger la vie des usagers de la route en conduisant trop rapidement donne le même résultat que la conduite avec facultés affaiblies.
Toute personne peut être trouvée coupable d'excès de vitesse, mais la personne conduisant à une vitesse excessive est, en règle générale, un jeune homme. La grande majorité des personnes conduisant à une vitesse excessive qui ont été impliquées dans un accident mortel entre 2002 et 2004 étaient des hommes. De plus, 80 % des personnes ayant conduit à une vitesse excessive impliquées dans un accident mortel étaient âgées de moins de 45 ans, et la moitié de ces personnes conduisant à une vitesse excessive étaient âgées entre 16 et 24 ans.
Même si la plupart des personnes ayant conduit à une vitesse excessive étaient âgées de moins de 45 ans, le comportement d'excès de vitesse menant au décès et à des blessures graves augmente rapidement parmi les conducteurs d'âge moyen et les conducteurs plus âgés (plus de 45 ans) que parmi les jeunes conducteurs, entre 1996 et 2001 et 2002 et 2004. Les raisons pouvant expliquer cette tendance ne sont pas claires.
Les victimes des accidents où la vitesse est en cause, tout comme les conducteurs, sont souvent des jeunes. En effet, 75 % des personnes tuées dans des accidents où la vitesse était en cause au cours de la période allant de 2002 à 2004 avaient moins de 45 ans. En fait, les jeunes adultes (âgés entre 16 et 24 ans) étaient responsables d'un décès sur trois lié à la vitesse excessive.
On a constaté qu'environ 50 % des personnes qui ont été tuées dans des accidents où la vitesse excessive était en cause conduisaient le véhicule. La plupart de ces personnes conduisaient elles-mêmes à une vitesse excessive.
Le tiers des victimes tuées dans des accidents où la vitesse était en cause étaient des passagers. Il est important de noter que la plupart des jeunes passagers adultes qui sont décédés dans un accident où la vitesse était en cause voyageaient à bord d'un véhicule dont le conducteur avait sensiblement le même âge qu'eux et conduisait à une vitesse excessive.
Les piétons correspondaient à seulement environ 4 % des victimes tuées ou grièvement blessées dans un accident où la vitesse excessive était en cause. Bon nombre des victimes étaient des jeunes adultes (âgés entre 16 et 24 ans). Les téléphones cellulaires, les lecteurs de musique personnels, la consommation d'alcool ou toute autre distraction peuvent faire en sorte que les jeunes adultes prêtent moins attention aux éléments qui les entourent et les rendent plus vulnérables aux véhicules roulant à une vitesse excessive.
Durant la période allant de 2002 à 2004, les motocyclistes étaient responsables d'un pourcentage étonnamment petit des personnes tuées dans des accidents où la vitesse excessive était en cause (moins de 9 % des victimes). Cependant, leur implication dans ce genre d'accident a augmenté plus rapidement entre 1996 et 2001 et 2002 et 2004 que celle des autres usagers de la route.
Il est étonnant de constater que cette augmentation ne s'est pas traduite par un nombre plus élevé d'accidents mortels impliquant de jeunes conducteurs adultes. Ce sont, par contre, les conducteurs plus âgés qui, le plus souvent, perdaient la vie. Par exemple, le nombre de motocyclistes âgés entre 45 et 54 ans qui ont été tués dans un accident où la vitesse excessive était en cause a plus que doublé entre 1996 et 2001 et 2002 et 2004. Le nombre de motocyclistes âgés entre 35 et 44 ans qui ont été tués dans un accident où la vitesse excessive était en cause a également beaucoup augmenté.
La tendance qui fait que les victimes soient plus âgées s'explique par l'augmentation du nombre d'hommes d'âge moyen qui conduisent une motocyclette. Selon une information fournie récemment par le Conseil canadien de la sécurité, l'âge moyen des acheteurs de motocyclette est d'environ 46 ans.
Ainsi, 90 p. 100 du temps, un motocycliste tué ou grièvement blessé dans un accident où la vitesse excessive est en cause était la personne qui conduisait à une vitesse excessive. Les motocyclistes sont le plus à risque dans les zones urbaines, où la circulation est plus lourde et où il est plus compliqué d'effectuer certaines manoeuvres. De plus, les autres conducteurs sont moins portés à remarquer les motocyclettes lorsqu'ils circulent dans les rues achalandées des villes.
Les accidents où la vitesse excessive est en cause impliquent souvent un seul véhicule et un conducteur qui prend des risques. Les accidents impliquant un seul véhicule sont responsables de plus de 50 % des décès et des blessures graves associés à la vitesse excessive pendant la période allant de 2002 à 2004.
Habituellement, un accident où la vitesse excessive est en cause implique un véhicule qui effectue une sortie de route. Plus de 30 % des décès et 17 % des blessures graves associés à la vitesse excessive étaient le résultat d'un tel accident. Heurter un objet ou une personne est un autre facteur causant près de 25 % des décès et plus de 35 % des blessures graves associés aux accidents où la vitesse excessive est en cause.
Les collisions frontales se produisent également souvent lorsque la vitesse excessive est en cause. Près de 20 % des victimes tuées et 13 % des victimes grièvement blessées ont été impliquées dans une collision frontale.
Les accidents où la vitesse excessive était en cause lorsqu'un véhicule heurte l'arrière d'un autre véhicule ou qu'il est pris en écharpe sont moins fréquents que les autres types d'accident. Cependant et fait assez étrange, les décès et les blessures graves causés par de tels accidents ont augmenté entre 1996 et 2001 et 2002 et 2004. Le fait que les véhicules se talonnent pourrait également expliquer cette tendance. L'augmentation des distractions occasionnées par les téléphones cellulaires et autres appareils est probablement un facteur qui ajoute au problème.
L'heure de pointe où les décès et les blessures causés par les accidents où la vitesse excessive était en cause se situe entre 15 h et 21 h, même si ce genre de collision peut se produire à toute heure du jour.
La plupart des accidents où la vitesse excessive était en cause se produisent dans de bonnes conditions météorologiques ou dans des conditions routières normales. Contrairement aux accidents où la vitesse excessive n'est pas en cause, les accidents où la vitesse excessive est en cause se produisent un peu plus souvent lorsque la noirceur tombe ou lorsque les conducteurs se servent des projecteurs de croisement. Dans la plupart des cas, par contre, les décès et les blessures causés par des accidents où la vitesse excessive est en cause sont attribuables uniquement au comportement téméraire d'un conducteur.
Les agents de la paix et les professionnels de la sécurité routière savent que les personnes qui conduisent à une vitesse excessive sont plus enclines que la moyenne des conducteurs à s'engager dans des comportements téméraires tels que la conduite avec facultés affaiblies ou le fait de ne pas porter la ceinture de sécurité.
Il est facile de faire le lien entre la vitesse excessive et l'alcool. Au cours de la période entre 2002 et 2004, au moins une personne sur trois conduisant à une vitesse excessive impliquée dans un accident mortel avait consommé de l'alcool. En comparaison, seulement 16 % de tous les conducteurs impliqués dans tous les types d'accidents mortels avaient consommé de l'alcool avant l'accident. De plus, une personne sur cinq ayant conduit à une vitesse excessive et impliquée dans un grave accident avait consommé de l'alcool.
Les accidents impliquant un seul véhicule sont les conséquences probables d'un mélange de vitesse excessive et de consommation d'alcool. En fait, près de 80 % des personnes ayant conduit à une vitesse excessive et ayant consommé de l'alcool sont impliquées dans des accidents mortels où un seul véhicule était en cause.
Les pires contrevenants, quand il est question de vitesse excessive et de consommation d'alcool, sont les jeunes adultes. Un pourcentage élevé, c'est-à-dire 40 % des personnes conduisant à une vitesse excessive âgées entre 16 et 24 ans qui ont été impliquées dans un accident mortel, avaient consommé de l'alcool.
De plus, comparativement à la moyenne des conducteurs, il est également moins probable qu'une personne conduisant à une vitesse excessive porte sa ceinture de sécurité. Quarante pour cent des personnes conduisant à une vitesse excessive impliquées dans un accident mortel (à l'exception des motocyclistes) ne portaient pas leur ceinture de sécurité.
Au cours de la période allant de 2002 à 2004, les routes rurales (ici définies comme des routes à chaussée unique dont la limite de vitesse est d'au moins 80 km/h) étaient responsables de plus de 40 % des décès et des blessures graves associés aux accidents où la vitesse excessive était en cause. Les routes urbaines (celles dont la limite de vitesse est de moins de 80 km/h) étaient responsables d'un peu moins de 40 % des décès. Les autres décès et blessures graves se sont produits sur les autoroutes, où la limite de vitesse affichée est d'au moins 100 km/h.
Les accidents où la vitesse excessive est en cause et les décès et blessures qui en résultent peuvent se produire n'importe où, et aucun endroit n'est à l'abri de ce problème. Voici quelques points dignes de mention au sujet des accidents où la vitesse excessive est en cause sur différents types de route.
Près de 60 % des personnes tuées dans un accident où la vitesse excessive est en cause sur les routes urbaines étaient impliquées dans un accident mettant en cause un seul véhicule. Il s'agit là d'un pourcentage plus élevé que celui des personnes tuées sur les routes rurales ou les autoroutes. Sur un sujet dont il a déjà été question, près de 35 % des victimes tuées dans des zones urbaines étaient impliquées dans un accident où le véhicule a effectué une sortie de route, ce qui représente également un pourcentage plus élevé que celui sur les routes rurales ou les autoroutes.
Les personnes conduisant à une vitesse excessive qui sont impliquées dans des accidents mortels sur les routes urbaines sont plus enclines à avoir consommé de l'alcool que celles impliquées dans un accident sur les routes rurales ou les autoroutes. C'est ce qui explique pourquoi les routes urbaines affichent des pourcentages plus élevés d'accidents mettant en cause un seul véhicule et les véhicules qui effectuent une sortie de route dans les zones rurales ou sur les autoroutes. Les accidents impliquant un seul véhicule de tout type sont souvent associés à la consommation d'alcool, et le lien entre les accidents par suite d'une sortie de route et la conduite avec facultés affaiblies est particulièrement significatif.
Les routes rurales ont affiché un pourcentage plus élevé de décès associés aux accidents où la vitesse excessive était en cause par suite de collisions frontales que celui des accidents survenus sur les routes urbaines ou les autoroutes. C'est probablement parce que, sur une route à chaussée unique, à haute vitesse, il n'y a rien qui empêche un véhicule hors contrôle d'aller de l'autre côté de la route et de se retrouver en sens contraire de la circulation.
Les décès associés à la vitesse excessive sur les autoroutes sont habituellement causés par un véhicule qui fait une sortie de route ou qui heurte un objet. Mais, les accidents impliquant un véhicule qui en heurte un autre par l'arrière, qui se produisent rarement sur les routes urbaines ou rurales, ont causé près de 10 % des décès survenus sur une autoroute où la vitesse excessive était en cause. L'augmentation de l'encombrement des voies de circulation et les conducteurs qui suivent les autres véhicules de trop près peuvent ajouter au problème, particulièrement sur les autoroutes passant près des villes ou les traversant.
Logiquement, les gens associent les accidents où la vitesse excessive est en cause aux routes où sont affichées des limites de vitesse élevées, telles que les routes rurales et les autoroutes. Mais, les routes urbaines sont plus dangereuses que les gens ne peuvent l'imaginer. Des facteurs tels que les jeunes conducteurs adultes, les activités nocturnes et la consommation d'alcool, combinés à un comportement de vitesse excessive, font des routes urbaines un point névralgique pour les décès et les blessures graves associés à la conduite à une vitesse excessive.
Les jeunes conducteurs adultes sont bien en évidence dans les statistiques sur les accidents où la vitesse excessive est en cause, mais ils constituent le risque le plus élevé sur les routes urbaines. Au cours de la période entre 2002 et 2004, près de 50 % des conducteurs impliqués dans des accidents mortels sur des routes urbaines étaient âgés entre 16 et 24 ans.
Sur les routes urbaines, il est fort probable que les décès et les blessures graves associés à la conduite à une vitesse excessive se produisent tard le soir et tôt le matin (de 21 h à 3 h), contrairement aux routes rurales ou aux autoroutes où les accidents se produisent plutôt au cours de l'après-midi et de la soirée. Contrairement aux autres endroits, les zones urbaines connaissent habituellement plus d'activité le soir, ce qui se traduit par une circulation plus dense en fin de soirée et un plus grand risque de la part des conducteurs roulant à une vitesse excessive.
Plus de 40 % des conducteurs (de tous âges) roulant à une vitesse excessive impliqués dans des accidents mortels dans les zones urbaines avaient consommé de l'alcool, comparativement à 34 % sur les routes rurales et 18 % sur les autoroutes. Les zones urbaines sont l'endroit principal pour le mélange mortel de vitesse excessive et de conduite avec facultés affaiblies, parce qu'il y a une forte concentration de bars, de restaurants et d'autres endroits où l'on sert de l'alcool.
Les conducteurs roulant à une vitesse excessive dans les zones urbaines sont les pires contrevenants lorsqu'on parle de la combinaison très dangereuse de vitesse excessive, de consommation d'alcool et de conduite automobile et le fait de ne pas porter de ceinture de sécurité. Près de 20 % des conducteurs roulant à une vitesse excessive impliqués dans un accident mortel sur une route urbaine ne portaient pas leur ceinture de sécurité et avaient consommé de l'alcool.
Conduire à une vitesse excessive est un grave problème en matière de sécurité routière qui cause un nombre inacceptable de blessures et de souffrances. Il est possible de réduire le nombre de personnes tuées et grièvement blessées dans des accidents où la vitesse excessive est en cause chaque année au Canada. Mais, pour sauver des vies et rendre les routes plus sécuritaires, tout le monde devra faire sa part. Voici donc quelques suggestions :