Le dernier recours : la neutralisation par combustion

Transcription

Au Canada, le propane est un produit important dont les nombreux usages, comme le chauffage résidentiel, contribuent à notre qualité de vie supérieure et a un rôle important dans bon nombre d’applications industrielles.

Le transport sécuritaire du propane est une priorité majeure pour le gouvernement et l’industrie. Le transport du propane est effectué dans le respect absolu des normes sur les contenants,

la formation du personnel et d’autres règles prescrites par la Loi et le Règlement sur le transport des marchandises dangereuses.

Littéralement, des milliers d’envois ont lieu tous les jours au Canada en toute sécurité.

Cette vidéo et la recherche qu’elle décrit ont été élaborées pour le groupe de recherche de la Direction générale du transport des marchandises dangereuses,

une direction de Transports Canada qui fait des enquêtes et des recherches sur les questions techniques et autres touchant le transport et la réglementation des marchandises dangereuses.

(Cette recherche a été menée en collaboration avec la corporation d'intervention d'urgence des gaz de pétrole liquéfiés, un organisme important en matière d'interventions d'urgence.)

Bien que les accidents liés au propane soient effectivement très rares, il est important d’être prêt. Il existe des techniques bien établies pour s’occuper des urgences liées au propane,

et on explore continuellement de nouvelles techniques afin d’accroître la sécurité.

C’est dans cet esprit que nous présentons cette vidéo, Le dernier recours : la neutralisation par combustion.

Habituellement, lorsque se présente une situation d’urgence touchant une citerne de GPL endommagé,

l’équipe d’intervention d’urgence évalue la situation et décide, avec des experts,

si une ou plusieurs techniques bien établies peuvent être utilisées pour rendre la situation sécuritaire.

Il importe de se rappeler qu’il est normal que le personnel de première intervention fasse appel au personnel d’intervention de l’industrie lors d’un accident mettant en cause du propane.

Ces intervenants de l’industrie jouent un rôle majeur au moment d’évaluer l’incident et de déterminer le meilleur moyen de s’occuper de la citerne et de son contenu.

Il faut considérer bon nombre de facteurs lors de l’évaluation d’un accident mettant en cause un camion-citerne transportant du propane. Les questions les plus importantes incluent :

Y a-t-il fuite et, si oui, quel est le risque d’allumage et quelles en sont les conséquences possibles pour les personnes, le matériel et l’environnement ? Y a-t-il un équipement de protection individuel adéquat et des détecteurs ?

Quel est l’état des valves et des raccords de tuyauterie ? Peut-on y accéder ? Fonctionnent-ils bien ?

Quelle est la portée des dommages a la citerne ? Un examen de sa surface révèle-t-il des fentes, des incisions, des rainures ou des enfoncements, surtout aux zones de soudure ?

La citerne est-elle assez endommagée pour poser un risque imminent d’accident catastrophique ?

Les premiers intervenants et les intervenants de l’industrie mettent en application leurs connaissances et leur expérience.

Ils forment une équipe efficace pour assurer un dénouement réussi.

Cette vidéo vise à ajouter aux connaissances des premiers intervenants en présentant les résultats de recherches de Transports Canada

(et la corporation d'intervention d'urgence des gaz de pétrole liquéfiés) sur une approche qu’on appelle « la neutralisation par combustion ».

La vidéo vise à orienter les téléspectateurs advenant qu’ils se trouvent dans une situation où une technique bien établie telle le transfert de produit ou le brûlage à la torche n’est pas faisable et où

« la neutralisation par combustion » est de toute évidence la seule option qui reste.

Veuillez noter que cette vidéo montre des résultats expérimentaux obtenus dans des circonstances idéales avec une citerne non endommagée dotée de valves qui fonctionnaient.

La citerne se trouvait dans une position idéale, dans des conditions météorologiques idéales, et ainsi de suite.

En d’autres mots, aucun des facteurs aggravants qui sont typiquement a évaluer sur les lieux d’un accident n’a dû être considéré.

Cette vidéo montre des résultats pas nécessairement rencontrés sur le terrain.

Alors, de quoi parlons-nous quand nous disons « la neutralisation par combustion » ?

En principe, il s’agit d’une technique contrôlée qui, pour percer de petits trous sur le dessus d’un camion-citerne transportant du propane, emploie de petites charges explosives formées et, simultanément, allume le gaz pressurisé qui s’échappe.

Ce brûlage contrôlé à la partie supérieure de la citerne réduit rapidement la pression à l’intérieur de celle-ci, ce qui atténue la possibilité d’avoir un incident catastrophique.

Peu après, quand la pression intérieure a diminué, des charges semblables sont employées pour percer des trous sous la citerne, ce qui permet au GPL de s’échapper rapidement vers une zone de drainage où il est éliminé par brûlage dirigé.

Examinons maintenant l’expérience de plus près, ainsi que les considérations nécessaires à la réussite du test. Il faudrait passer par toutes les étapes suivantes lors d’une situation réelle d’accident où l’option de « la neutralisation par combustion » est évaluée :

D’abord, nous avons fait l’expérience dans un lieu très éloigné afin d’éliminer les risques pour les collectivités avoisinantes, ce qui a aussi permis à l’équipe d’observer l’expérience à une distance sécuritaire.

Des caméras ultra-rapides opérées à distance ont servi à faire la cueillette d’images pour créer cette vidéo.

Nous avons veillé à ce que la citerne soit à l’abri d’un allumage accidentel pendant nos préparatifs.

Nous avons pris toutes les précautions nécessaires pour empêcher la citerne de bouger pendant nos préparatifs, pendant l’expérience, bien sûr, et surtout après le choc des explosifs.

Le sol autour de la base a été creusé afin de créer un bassin pour contenir un écoulement rapide de liquide en feu.

Nous avons mesuré la vitesse et la direction du vent afin de déterminer la zone possible d’exposition à l’incendie et la dispersion du nuage de fumée.

Seuls des experts très compétents en ingénierie de camions-citernes et en emploi d’explosifs ont entrepris les tâches clés de cette expérience.

Il faut souligner que cette vidéo montre une expérience menée dans des conditions très contrôlées. Veuillez songer très attentivement avant d’employer une telle approche sur le terrain.

Au cours des quelques minutes qui suivront, nous décrirons les mesures prises pendant l’expérience même.

Le personnel a enfilé l’équipement de sécurité adéquat et les détecteurs appropriés ont été employés pour veiller à ce qu’il n’y avait aucun danger dans l’atmosphère.

Une inspection minutieuse de la surface de la citerne a ensuite été effectuée pour faire en sorte qu’il n’y ait aucun dommage apparent et que les valves soient étanches.

Nous avons évalué où il était probable qu’un réservoir de brûlage se forme.

Un puits de 45 degrés, peu profond, en forme d’éventail, a été creusé pour recueillir le propane liquide à la sortie de la citerne.

Nous savions que la distance maximale de brûlage était à environ 20 à 30 mètres de la citerne et nous voulions faire en sorte que le propane liquide s’écoule à une certaine distance de la citerne, plutôt que rester autour et la brûler.

Un expert des citernes a déterminé l’épaisseur de la paroi de la citerne et à fourni ces données à l’expert des explosifs, qui,

grâce à son expertise et son expérience, a ensuite déterminé le nombre et la taille des charges formées utilisées.

Selon Transports Canada, l’épaisseur de la paroi d’une citerne de camion-citerne varie entre 7,1 mm et 16 mm.

L’épaisseur d’une citerne particulière est identifiable grâce à la plaque de spécifications ou du fabricant.

Après avoir placé les charges, l’expert des explosifs a installé des longueurs distinctes de cordon détonant sur et sous la citerne,

attachées à chacune des charges, de manière à ce que toutes les charges situées à un même endroit explosent exactement au même moment.

Puisque deux circuits distincts, ont été employés, chaque ensemble de charges a pu être détoné indépendamment.

L’expert des explosifs a installé les sources d’étincelles ou d’allumage autour des sites de détonation.

Pour la procédure expérimentale, des charges formées commerciales ont été utilisées. Trois sur la citerne et quatre en dessous.

Le nombre de trous a déterminé la rapidité avec laquelle la pression de la citerne a diminué. Les trous du bas ont été percés alors que la pression interne était encore relativement élevée.

La détonation optimale du bas se fait quand la pression interne se rapproche de la pression atmosphérique.

Les signes d’atteinte de la pression atmosphérique incluaient une ligne de givre sur le côté de la citerne et la grande diminution de la hauteur, de l’intensité et de la vélocité des flammes.

Nos expériences ont montré qu’il existe un risque de fracture quand les charges du bas sont détonées sur une citerne réfrigérée dépressurisée.

Réduire la pression permet au propane liquide de s’écouler du bas de la citerne d’une façon contrôlée, pour le brûlage.

La pression ayant diminué, il n’existe aucun danger lié à la pression, tel la rupture et les projectiles afférents.

Les petites charges magnétiques percent des trous dans la citerne, ce qui permet la ventilation du gaz.

Notre expert des explosifs a placé les charges à deux endroits. À la pente montante du haut de la citerne et à la pente descendante du bas.

Chaque ensemble de charges formées était sur un circuit distinct afin qu’il n’y ait pas de danger de les faire exploser en même temps.

Les deux endroits de détonation sur la citerne étaient munis de dispositifs d’allumage pour le propane écoulé. Pour une sécurité accrue,

des postes d’allumage de renfort ont été placés autour de chaque lieu de ventilation,

car ne pas allumer au bon moment pouvait produire un grand volume de gaz ou de liquide qui, si allumés, auraient pu s’avérer très dangereux.

Après l’allumage, il a fallu 38 minutes pour brûler tout le propane.

Ces premiers essais canadiens de la technique de « neutralisation par combustion » se sont avérés très encourageants.

La recherche décrite dans cette vidéo a grandement accru notre compréhension de cette technique.

Il est vrai que « la neutralisation par combustion » a déjà servi à titre de dernier recours lors d’accidents.

Dans la plupart des cas de transport par rail, cette technique a grandement réduit le temps où les gens et le matériel étaient en danger.

Cependant, il faut plus de recherche et d’expérience avant que la plupart des intervenants en cas d’urgence se sentent à l’aise pour savoir s’il est faisable ou adéquat de

« neutraliser par combustion » lors d’un vrai accident.

Par conséquent, Transports Canada continuera d’évaluer si la technique peut s’avérer un dernier recours efficace pour intervenir dans un événement mettant en cause le GPL.

Nous vous invitons à en apprendre davantage sur cette technique en communiquant avec :
Recherche, évaluation et systèmes,
Transports des marchandises dangereuses
Transports Canada

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