LA LUTTE CONTRE LE PÉRIL AVIAIRE AUX AÉROPORTS

Lorsqu’il est question des problèmes reliés à la lutte antiaviaire, chaque aéroport est unique. Pour les oiseaux, un aérodrome est attirant pour une foule de motifs différents, qui varient selon l’espèce et le moment de l’année. Ils peuvent être attirés par la nourriture (vers de terre, sauterelles, semences), l’eau et l’abri, et aussi parce que les aéroports offrent des zones propices à la nidification, ou des zones boisées qui constituent d’excellents dortoirs. Chaque espèce d’oiseau se caractérise par ses comportements et ses préférences propres en matière d’habitat, de nourriture, de repos et de toilettage, sa propension à se tenir en bande et le moment de son transit saisonnier. Aussi, certains types d’aménagement des terrains à proximité de l’aéroport, voire à une certaine distance de celui-ci, peuvent engendrer différentes menaces à la sécurité aérienne. Par exemple, les déplacements d’oiseaux entre un site-dortoir et une zone de recherche de nourriture, comme une décharge, situés de part et d’autre d’un aéroport peuvent constituer un grave danger. Mais les oiseaux présentent certaines caractéristiques, et la lutte antiaviaire comporte des exigences, qui sont « universelles », quel que soit l’aéroport.

Les aéroports sont généralement de grands espaces ouverts. On privilégiera donc, en général, les produits et les techniques qui se révèlent efficaces dans ce type d’environnement. Les oiseaux doivent être tenus à distance de l’enceinte aéroportuaire : il s’avère futile, habituellement, de les repousser vers une autre zone de l’aéroport. Mais ce ne sont pas toutes les espèces d’oiseaux qui sont attirées par des habitats dégagés, et ce ne sont pas toutes les espèces ainsi attirées qui représentent un danger pour la sécurité aérienne. Les principales espèces « problèmes » sont les goélands, les mouettes, les oiseaux aquatiques (canards et oies), les pigeons bisets, les carouges, les quiscales, les étourneaux, les corneilles, les buses, les aigles, les pygargues, les hiboux, les ducs et les bruants des neiges. Il s’ensuit que les produits et techniques qui se révèlent efficaces contre ces oiseaux peuvent souvent assurer à un aéroport une protection quasi complète contre le péril aviaire. Les aéroports peuvent nécessiter une protection toute l’année durant, et parfois 24 heures par jour. Les mesures antiaviaires utilisées aux aéroports doivent donc éloigner à long terme les oiseaux de l’aérodrome et des environs. Des techniques qui tiennent temporairement les oiseaux à distance ne sont pas acceptables, même si une efficacité à court terme est parfois recherchée. En d’autres mots, l’habituation est beaucoup plus préoccupante aux aéroports, où l’efficacité à long terme est essentielle, qu’ailleurs (comme sur les terrains agricoles), où il suffit de disperser/effaroucher les oiseaux pour quelques jours ou quelques semaines (p. ex., avant la récolte), et où le phénomène de l’accoutumance ne pose pas vraiment problème. De temps à autre, des mesures nocturnes de lutte sont même à prévoir. Lorsque les survols d’oiseaux présentent des dangers, il y a lieu de penser à des programmes de lutte contre le péril aviaire qui couvrent les zones en périphérie de l’aéroport.

La modification de l’habitat est la première ligne de défense contre le péril aviaire - en rendant l’aérodrome moins attirant pour les oiseaux (ou, à tout le moins, pour les espèces les plus menaçantes), on s’attaque à la source du problème. Bien sûr, comme chaque espèce ou groupe d’oiseaux a ses préférences propres en matière d’habitat, on risque, en éliminant un facteur attractif connu pour une espèce, d’en créer d’autres qui pourraient attirer de nouvelles espèces. Malgré ce risque, le fait de modifier de vastes superficies de façon à en faire des milieux peu intéressants pour les oiseaux et d’en éliminer les facteurs particulièrement attractifs peut réduire considérablement l’ampleur de la lutte active nécessaire. En effet, tenter de venir à bout de la présence d’oiseaux sur tout un aérodrome en recourant uniquement à des mesures actives de lutte est une tâche gigantesque. La modification de l’habitat peut aussi restreindre les zones d’un aéroport attirantes pour les oiseaux, de sorte que les mesures actives pourront se concentrer plus efficacement dans ces zones restreintes.

L’arme universelle de lutte contre le péril aviaire aux aéroports n’existe pas encore et il est peu probable que l’on puisse jamais s’en remettre à une solution unique, magique. Les oiseaux sont très adaptables et s’habituent, à la longue, à n’importe quelle méthode de lutte antiaviaire. Les meilleurs programmes sont ceux qui combinent une gamme de produits et de techniques. Mais outre cela, l’engagement ferme des gestionnaires constitue, en définitive, le facteur déterminant du succès d’un programme de lutte antiaviaire à un aéroport. Cet engagement trouve son pendant sur le terrain dans un personnel compétent et motivé, et dans des stocks suffisants de produits de lutte appropriés et adéquatement maintenus.

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